sganarelle

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§1 §2  §3 §4 §5

§1 Le genre de la représentation classique sur un registre comique distingue le type farcesque. Comme exemples de commentaire de texte le concernant, on choisira des textes extraits de la pièce de Molière Sganarelle . Le genre obéit malgré tout aux règles strictes de la littérature classique qui respectent les unités de lieu, de temps et d'action. On commencera par une mise en place des textes à commenter par rapport à la fondation unitaire du genre Celle-ci étant la représentation du protagonisme de la passion des valeurs chez un personnage face à l’antagonisme de la passion des valeurs chez d'autres personnages, et tout cela généralement, dans le comique de situation d’un quiproquo que l'on peut illustrer de la façon suivante :  

         

Comme on a besoin d'intermédiaires structurels, il s'agit d'une fondation unitaire médiate. Le commentaire proprement dit consistera à déterminer la thématique de la fragmentation du moment du texte pour examiner la manière dont l'auteur a su traduire les intentions expressives constitutives de la schématique du moment : établir un comique de situation de personnages fortement typés sans tomber dans le grotesque 

Commentaire d'un premier texte

MISE EN PLACE DU TEXTE Il s'agit du protagonisme de la passion des valeurs de la fidélité conjugale face à l'antagonisme de la passion des mêmes valeurs chez l'épouse et chez un jeune couple du voisinage qui se trouve involontairement mêlé à l'histoire. L'installation du premier quiproquo étant le fait d'une conjecture, il faut un texte où officiera un père tyrannique voulant imposer à sa fille le choix d'un mari pour justifier un évanouissement de la donzelle dont profite Sganarelle pour se permettre quelques privautés qui susciteront la jalousie de sa femme.

 

Texte1(Sc1)Un père tyrannique

CÉLIE, sortant toute éplorée, et son père la suivant.

Ah ! n'espérez jamais que mon cœur y consente

GORGIBUS,

Que marmottez-vous là, petite impertinente ?

Vous prétendez choquer ce que j'ai résolu,

Je n'aurai pas sur vous un pouvoir absolu,

Et par sottes raisons votre jeune cervelle

Voudrait régler ici la raison paternelle?

Qui de nous deux à l'autre a droit de faire loi ?

A votre avis, qui mieux, ou de vous, ou de moi,

O sotte, peut juger ce qui vous est utile?

Par là corbleu, gardez d'échauffer trop ma bile

Vous pourriez éprouver, sans beaucoup de longueur

Si mon bras sait encore montrer quelque vigueur ;

Votre plus court sera, Madame la mutine,

D'accepter sans façon l'époux qu'on vous destine

J'ignore, dites-vous, de quelle humeur il est,

Et dois auparavant consulter s'il vous plaît.

Informé du grand bien qui lui tombe en partage

Dois-je prendre le soin d'en savoir davantage

Et cet époux, ,ayant vingt mille bons ducats,

Pour être aimé de vous doit-il manquer d'appas?

Allez ; tel qu'il puisse être, avecque cette somme,

Je vous suis caution qu'il est très honnête homme

 

COMMENTAIRE PROPREMENT DIT

THEMATIQUE DE LA FRAGMENTATION DU MOMENT DU TEXTE

Gorgibus morigène sa fille Célie au sujet des valeurs du mariage.

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

Qui de la fille ou du père doit décider?

dans le premier vers la fille manifeste son opinion

 

Elle refuse obstinément de consentir au mariage qu'on veut lui imposer

L'obstination apparaît dans l'emploi de l'exclamation Ah! avec une négation impérative que renforce l'adverbe forclusif jamais et aussi des termes de cœur et de consente dont le sens est chargé d'affectivité. Le mètre y contribue par son martèlement.

Ah! n'espérez jamais que mon cœur y consente (6 // 3+3)

 

 

 

 

 

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

De Que marmotter vous à paternelle Le père donne les raisons qui l'autorisent à agir  ainsi

Il s'en réfère à la tradition qui lui donne un pouvoir absolu dans ce domaine en exprimant son indignation

Une question qui n'en est pas une car il a très bien compris ce que veut sa fille Que marmottez-vous là, petite impertinente ? (6/6) deux termes qui donnent le ton marmottez/ impertinente

Un futur indicatif négatif et l'affirmation d'un conditionnel pour traduire un étonnement profond que marque le terme de choquer au sens propre  de heurter la prétention de la donzelle. La symétrie du rythme soutient parfaitement l'intention.

Vous prétendez choquer ce que j'ai résolu , (4+2/6)

Je n'aurai pas sur vous un pouvoir absolu, (4+2/6)

Et par sottes raisons votre jeune cervelle(6/6)

Voudrait régler ici la raison paternelle? (4+2/ 6)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

Ensuite il l'avertit de ce qui l'attend

il menace d'exercer la violence légitime qu'il est en droit

La légitimité se manifeste par un redoublement de la question dont la réponse ne fait aucun doute

  Qui de nous deux à l'autre a droit de faire loi ? (6/4+2)

A votre avis, qui mieux, ou de vous, ou de moi, (4+2/3+3)

O sotte, peut juger ce qui vous est utile ? (2+4/ 4+2)

On notera l’antithèse ferme de l’alternative exclusive ou de vous ou de moi. Le terme d’utile est en fin de phrase pour bien marquer sa prééminence dans le jugement. L'incise exclamative O sotte insiste lourdement sur la sottise encore une fois de la donzelle. Le rythme marque la différence entre  la fermeté et  le ton sentencieux

 

Le droit du père sur sa fille était juridiquement garanti à cette époque.

 

 INTRODUCTION PROPOSEE

Dans ce texte où l'auteur a opté pour le genre comique de type farce, Gorgibus d'entrée, morigène sa fille Célie au sujet des valeurs du mariage. On examinera la qualité de l'art de l'auteur dans sa manière de typer les personnages et de préparer ainsi un comique de situation. Le choix du vers au lieu de la prose permettra de juger si ce choix est pertinent.

 

 

CONCLUSION CONSEQUENTE

Gorgibus tel que le peint Molière représente bien le bourgeois obtus attaché aux valeurs de l'avoir plus qu'à celles de la fidélité amoureuse Il a souligné l'incompréhension qui sépare le père et la fille qui ne peut être touchée par les arguments qu'il avance. Il s'agit d'un dialogue de sourds. Avec la violence se prépare une situation qui risque de dégénérer en drame et laisse le spectateur perplexe au sujet du destin des amoureux. Mais le mystère reste entier sur la forme où celui-ci se présentera. Molière joue du mètre avec un art consommé.

§2

Commentaire d'un second texte

 Mis en place du texte

 Un premier quiproquo a fait croire à la femme de Sganarelle qu'elle était trompée par son mari avec Célie. Un deuxième quiproquo s'installe qui fait croire à Sganarelle qu'il est trompé par sa femme avec Lélie amant de Célie Pour que se noue le troisième quiproquo qui détermine la confusion constituant la crise qui crée l'imbroglio, l'auteur imagine que Sganarelle a ramassé le portrait du jeune Lélie qui d'aventure s'étonne de le voir détenteur de cet objet.. Un éclaircissement devient nécessaire entre Sganarelle et Lélie qui se demande pourquoi il détient son portrait C'est ici que se situe le texte à commenter.

 


SCÈNE lX un portrait qui éveille les soupçons

LÉLIE.

Puis-je obtenir de vous de savoir l'aventure

Qui fait dedans vos mains trouver cette peinture?

SGANARELLE, à part, et examinant le portrait qu'il tient et Lélie.

D'où lui vient ce désir ? Mais je m'avise ici…

Ah ! ma foi, me voilà de son trouble éclairci

Sa surprise à présent n'étonne plus mon âme

C'est mon homme, ou plutôt c'est celui de ma femme.

LÉLIE.

Retirez-moi de peine, et dites d'où vous vient...

SGANARELLE.

Nous savons Dieu merci, le souci qui vous tient;

Ce portrait qui vous fâche est votre ressemblance,,

Il était en des mains de votre connaissance

Et ce n'est pas un fait qui soit secret pour nous

Que les douces ardeurs de la dame et de vous.

Je ne sais pas si j'ai, dans sa galanterie

L'honneur d'être connu de Votre Seigneurie

Mais faites moi celui de cesser désormais

Un amour qu'un mari peut trouver fort mauvais,

Et songez que les nœuds du sacré mariage...

LÉLIE.Quoi ! celle, dites-vous, dont vous tenez ce gage...

SGANARELLE..Est ma femme, et je suis son mari.LÉLIE.Son mari ?

SGANARELLE.Oui. son mari vous dis-je, et mari très marri

Vous en savez la cause, et je m'en vais l'apprendre Sur l'heure à ses parents.


 

COMMENTAIRE PROPREMENT DIT

 

THEMATIQUE DE LA FRAGMENTATION DU MOMENT DU TEXTE

Eclaircissement involontaire des soupçons de Lélie par Sganarelle

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

De retirez-moi de peine

à  sacré mariage

Lélie réitère la question

. Cette fois il est entendu L'interruption montre que Sganarelle est indigné Et se prépare alors un énorme quiproquo qui va s'installer entre les deux hommes : l'un soupçonnant dans le portrait que Lélie est le trompeur, l'autre qu'il est le trompé.

Lélie pourtant reste toujours très poli

Retirez-moi de peine, et dites d'où vous vient...

Le quiproquo se prépare grâce à des expressions ambiguës telles que . des mains de votre connaissance les douces ardeurs de la dame et de vous. Il y a jusqu'au terme de fâcher qui a une résonance affective équivoque trompeur /trompé

La phrase est savamment construite pour marquer le ton d'insinuation progressive en liaison avec le mètre choisi plutôt haletant

Quatre indépendantes la dernière étant assortie d'une formule de mise en relief renforcée par un rythme binaire :

Nous savons Dieu merci, le souci qui vous tient;(6//+3+3)

Ce portrait qui vous fâche est votre ressemblance;(3+3//1+5)

Il était en des mains de votre connaissance;(3+3/6)

Et ce n'est pas un fait qui soit secret pour nous (4+2//2+4)

Que les douces ardeurs de la dame et de vous;(6/3+3)

 

 

 

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

 

Sganarelle apporte les précisions nécessaires Le quiproquo s'installe

Le ton de Sganarelle est faussement poli, voire servile. En réalité, il est douloureusement ironique grâce à l'emploi réitéré de l'honneur en un double sens l'un simplement poli l'autre lié à une éthique supérieure. L'interrogative indirecte s'oppose ainsi à l'impérative qui s'organise autour du verbe cesser et de l'adverbe modificatif désormais rimant avec fort mauvais, Dans la dernière proposition plus faiblement impérative le peut trouver a une résonance pitoyable et sacré veut s'élever au niveau du sublime

Le mètre oppose le rythme antisymétrique de l'interrogation et de l'injonction impérative à la symétrie du vers exprimant l'amertume et à la rupture coïncidant avec l'interruption

Je ne sais pas si j'ai, dans sa galanterie (4+2//6)

L'honneur d'être connu de Votre Seigneurie(2+4//6)

Mais faites moi celui de cesser désormais(4+2//6)

Un amour qu'un mari peut trouver fort mauvais, (3+3//3+3)

Et songez que les nœuds du sacré mariage... (3+3/6)

 

 

 

  

 

 

 

 

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

De Quoi à la fin

Va-t-on enfin se comprendre,?

L'interruption annonce que le quiproquo va s'installer avec la précision qu'il s'agit bien d'un mariage .

Pour Sganarelle il s'agit naturellement de sa légitime épouse mais pour Lélie

atterré il s'agit bien de Célie en dépit toutefois d'un indice révélateur qu'il laisse échapper.

 

C'est l'équivoque du possessif (utilisé 4 fois) qui peut aussi bien signifier l'une que l'autre qui entretient l'équivoque mais le dernier possessif ses parents ne peut pas s'appliquer à Célie qui n'a que son père.

La préciosité fait des ravages . Elle empêche le jeune homme de garder la tête froide.

Tous les deux se rejoignent dans la même souffrance mais avec des accents différents On peut opposer son mari prononcé par Sganarelle sur un ton douloureux et possessif et par Lélie sur un ton douloureux et surpris

Le vocabulaire de Lélie est précieux ce gage...celui de Sganarelle très prosaïque Est ma femme, et je suis son mari.

Ainsi que la plaisanterie un peu lourde du jeu de mots mari très marri 1mais efficace

Pour chaque vers? l'arythmie est étudié en fonction du sens

LÉLIE

Quoi ! celle, dites-vous, dont vous tenez ce gage...(3+3//4+2)

SGANARELLE..

Est ma femme, et je suis son mari.

LÉLIE.Son mari? ...(1+2+3//3+3)

SGANARELLLE

Oui. son mari vous dis-je, et mari très marri 1...(4+2//6)

Vous en savez la cause, et je m'en vais l'apprendre...(4+2//6)

Sur l'heure à ses parents. .. 

 

 

 

 

 

 INTRODUCTION

Dans ce texte l'auteur représente donc sur le mode farce le moment où Lélie demande à Sganarelle un éclaircissement au sujet d'un portrait qu'il détient et qui est le sien . Est-ce que l'auteur réussira la gageure de mener à bien jusqu'au bout la peinture de caractères fortement typés et d'installer un comique de situation qui établit un imbroglio soutenant l'intrigue? Pourra-t-il maintenir la maîtrise de la langue et du vers pour exprimer les sentiments et les traits de caractère en évitant tout artifice et toute vulgarité ?

 

CONCLUSION

Sganarelle est présenté comme un lourdaud incapable de subtilité après la démonstration grotesque de la scène précédente manifestant son caractère de matamore velléitaire et Lélie comme un damoiseau aveuglé par l'amour et la préciosité à la mode au point de perdre tout bon sens. Les sentiments sont parfaitement rendus grâce à l'art stylistique de l'auteur et à la maîtrise de la versification sont il fait preuve. La farce est installée avec ce nouveau quiproquo ; c'est le troisième : on attend le quatrième pour que le carré soit parfait.

 

 §3

Commentaire d'un second texte

 Mis en place du texte

 Un premier quiproquo a fait croire à la femme de Sganarelle qu'elle était trompée par son mari avec Célie. Un deuxième quiproquo s'installe qui fait croire à Sganarelle qu'il est trompé par sa femme avec Lélie amant de Célie Pour que se noue le troisième quiproquo qui détermine la confusion constituant la crise qui crée l'imbroglio, l'auteur imagine que Sganarelle a ramassé le portrait du jeune Lélie qui d'aventure s'étonne de le voir détenteur de cet objet.. Un éclaircissement devient nécessaire entre Sganarelle et Lélie qui se demande pourquoi il détient son portrait C'est ici que se situe le texte à commenter.

 


SCÈNE lX un portrait qui éveille les soupçons

LÉLIE.

Puis-je obtenir de vous de savoir l'aventure

Qui fait dedans vos mains trouver cette peinture?

SGANARELLE, à part, et examinant le portrait qu'il tient et Lélie.

D'où lui vient ce désir ? Mais je m'avise ici…

Ah ! ma foi, me voilà de son trouble éclairci

Sa surprise à présent n'étonne plus mon âme

C'est mon homme, ou plutôt c'est celui de ma femme.

LÉLIE.

Retirez-moi de peine, et dites d'où vous vient...

SGANARELLE.

Nous savons Dieu merci, le souci qui vous tient;

Ce portrait qui vous fâche est votre ressemblance,,

Il était en des mains de votre connaissance

Et ce n'est pas un fait qui soit secret pour nous

Que les douces ardeurs de la dame et de vous.

Je ne sais pas si j'ai, dans sa galanterie

L'honneur d'être connu de Votre Seigneurie

Mais faites moi celui de cesser désormais

Un amour qu'un mari peut trouver fort mauvais,

Et songez que les nœuds du sacré mariage...

LÉLIE.Quoi ! celle, dites-vous, dont vous tenez ce gage...

SGANARELLE..Est ma femme, et je suis son mari.LÉLIE.Son mari ?

SGANARELLE.Oui. son mari vous dis-je, et mari très marri

Vous en savez la cause, et je m'en vais l'apprendre Sur l'heure à ses parents.


 

COMMENTAIRE PROPREMENT DIT

 

THEMATIQUE DE LA FRAGMENTATION DU MOMENT DU TEXTE

Eclaircissement involontaire des soupçons de Lélie par Sganarelle

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

De retirez-moi de peine

à  sacré mariage

Lélie réitère la question

. Cette fois il est entendu L'interruption montre que Sganarelle est indigné Et se prépare alors un énorme quiproquo qui va s'installer entre les deux hommes : l'un soupçonnant dans le portrait que Lélie est le trompeur, l'autre qu'il est le trompé.

Lélie pourtant reste toujours très poli

Retirez-moi de peine, et dites d'où vous vient...

Le quiproquo se prépare grâce à des expressions ambiguës telles que . des mains de votre connaissance les douces ardeurs de la dame et de vous. Il y a jusqu'au terme de fâcher qui a une résonance affective équivoque trompeur /trompé

La phrase est savamment construite pour marquer le ton d'insinuation progressive en liaison avec le mètre choisi plutôt haletant

Quatre indépendantes la dernière étant assortie d'une formule de mise en relief renforcée par un rythme binaire :

Nous savons Dieu merci, le souci qui vous tient;(6//+3+3)

Ce portrait qui vous fâche est votre ressemblance;(3+3//1+5)

Il était en des mains de votre connaissance;(3+3/6)

Et ce n'est pas un fait qui soit secret pour nous (4+2//2+4)

Que les douces ardeurs de la dame et de vous;(6/3+3)

 

 

 

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

 

Sganarelle apporte les précisions nécessaires Le quiproquo s'installe

Le ton de Sganarelle est faussement poli, voire servile. En réalité, il est douloureusement ironique grâce à l'emploi réitéré de l'honneur en un double sens l'un simplement poli l'autre lié à une éthique supérieure. L'interrogative indirecte s'oppose ainsi à l'impérative qui s'organise autour du verbe cesser et de l'adverbe modificatif désormais rimant avec fort mauvais, Dans la dernière proposition plus faiblement impérative le peut trouver a une résonance pitoyable et sacré veut s'élever au niveau du sublime

Le mètre oppose le rythme antisymétrique de l'interrogation et de l'injonction impérative à la symétrie du vers exprimant l'amertume et à la rupture coïncidant avec l'interruption

Je ne sais pas si j'ai, dans sa galanterie (4+2//6)

L'honneur d'être connu de Votre Seigneurie(2+4//6)

Mais faites moi celui de cesser désormais(4+2//6)

Un amour qu'un mari peut trouver fort mauvais, (3+3//3+3)

Et songez que les nœuds du sacré mariage... (3+3/6)

 

 

 

  

 

 

 

 

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

De Quoi à la fin

Va-t-on enfin se comprendre,?

L'interruption annonce que le quiproquo va s'installer avec la précision qu'il s'agit bien d'un mariage .

Pour Sganarelle il s'agit naturellement de sa légitime épouse mais pour Lélie

atterré il s'agit bien de Célie en dépit toutefois d'un indice révélateur qu'il laisse échapper.

 

C'est l'équivoque du possessif (utilisé 4 fois) qui peut aussi bien signifier l'une que l'autre qui entretient l'équivoque mais le dernier possessif ses parents ne peut pas s'appliquer à Célie qui n'a que son père.

La préciosité fait des ravages . Elle empêche le jeune homme de garder la tête froide.

Tous les deux se rejoignent dans la même souffrance mais avec des accents différents On peut opposer son mari prononcé par Sganarelle sur un ton douloureux et possessif et par Lélie sur un ton douloureux et surpris

Le vocabulaire de Lélie est précieux ce gage...celui de Sganarelle très prosaïque Est ma femme, et je suis son mari.

Ainsi que la plaisanterie un peu lourde du jeu de mots mari très marri 1mais efficace

Pour chaque vers? l'arythmie est étudié en fonction du sens

LÉLIE

Quoi ! celle, dites-vous, dont vous tenez ce gage...(3+3//4+2)

SGANARELLE..

Est ma femme, et je suis son mari.

LÉLIE.Son mari? ...(1+2+3//3+3)

SGANARELLLE

Oui. son mari vous dis-je, et mari très marri 1...(4+2//6)

Vous en savez la cause, et je m'en vais l'apprendre...(4+2//6)

Sur l'heure à ses parents. .. 

 

 

 INTRODUCTION

Dans ce texte l'auteur représente donc sur le mode farce le moment où Lélie demande à Sganarelle un éclaircissement au sujet d'un portrait qu'il détient et qui est le sien . Est-ce que l'auteur réussira la gageure de mener à bien jusqu'au bout la peinture de caractères fortement typés et d'installer un comique de situation qui établit un imbroglio soutenant l'intrigue? Pourra-t-il maintenir la maîtrise de la langue et du vers pour exprimer les sentiments et les traits de caractère en évitant tout artifice et toute vulgarité ?

 

CONCLUSION

Sganarelle est présenté comme un lourdaud incapable de subtilité après la démonstration grotesque de la scène précédente manifestant son caractère de matamore velléitaire et Lélie comme un damoiseau aveuglé par l'amour et la préciosité à la mode au point de perdre tout bon sens. Les sentiments sont parfaitement rendus grâce à l'art stylistique de l'auteur et à la maîtrise de la versification sont il fait preuve. La farce est installée avec ce nouveau quiproquo ; c'est le troisième : on attend le quatrième pour que le carré soit parfait.

§4

 

Commentaire d'un second texte

 Mis en place du texte

 Un premier quiproquo a fait croire à la femme de Sganarelle qu'elle était trompée par son mari avec Célie. Un deuxième quiproquo s'installe qui fait croire à Sganarelle qu'il est trompé par sa femme avec Lélie amant de Célie Pour que se noue le troisième quiproquo qui détermine la confusion constituant la crise qui crée l'imbroglio, l'auteur imagine que Sganarelle a ramassé le portrait du jeune Lélie qui d'aventure s'étonne de le voir détenteur de cet objet.. Un éclaircissement devient nécessaire entre Sganarelle et Lélie qui se demande pourquoi il détient son portrait C'est ici que se situe le texte à commenter.

 


SCÈNE lX un portrait qui éveille les soupçons

LÉLIE.

Puis-je obtenir de vous de savoir l'aventure

Qui fait dedans vos mains trouver cette peinture?

SGANARELLE, à part, et examinant le portrait qu'il tient et Lélie.

D'où lui vient ce désir ? Mais je m'avise ici…

Ah ! ma foi, me voilà de son trouble éclairci

Sa surprise à présent n'étonne plus mon âme

C'est mon homme, ou plutôt c'est celui de ma femme.

LÉLIE.

Retirez-moi de peine, et dites d'où vous vient...

SGANARELLE.

Nous savons Dieu merci, le souci qui vous tient;

Ce portrait qui vous fâche est votre ressemblance,,

Il était en des mains de votre connaissance

Et ce n'est pas un fait qui soit secret pour nous

Que les douces ardeurs de la dame et de vous.

Je ne sais pas si j'ai, dans sa galanterie

L'honneur d'être connu de Votre Seigneurie

Mais faites moi celui de cesser désormais

Un amour qu'un mari peut trouver fort mauvais,

Et songez que les nœuds du sacré mariage...

LÉLIE.Quoi ! celle, dites-vous, dont vous tenez ce gage...

SGANARELLE..Est ma femme, et je suis son mari.  LÉLIE.Son mari ?

SGANARELLE.Oui. son mari vous dis-je, et mari très marri

Vous en savez la cause, et je m'en vais l'apprendre Sur l'heure à ses parents.


 

COMMENTAIRE PROPREMENT DIT

 

THEMATIQUE DE LA FRAGMENTATION DU MOMENT DU TEXTE

Eclaircissement involontaire des soupçons de Lélie par Sganarelle

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

De retirez-moi de peine

à  sacré mariage

Lélie réitère la question

. Cette fois il est entendu L'interruption montre que Sganarelle est indigné Et se prépare alors un énorme quiproquo qui va s'installer entre les deux hommes : l'un soupçonnant dans le portrait que Lélie est le trompeur, l'autre qu'il est le trompé.

Lélie pourtant reste toujours très poli

Retirez-moi de peine, et dites d'où vous vient...

Le quiproquo se prépare grâce à des expressions ambiguës telles que . des mains de votre connaissance les douces ardeurs de la dame et de vous. Il y a jusqu'au terme de fâcher qui a une résonance affective équivoque trompeur /trompé

La phrase est savamment construite pour marquer le ton d'insinuation progressive en liaison avec le mètre choisi plutôt haletant

Quatre indépendantes la dernière étant assortie d'une formule de mise en relief renforcée par un rythme binaire :

Nous savons Dieu merci, le souci qui vous tient;(6//+3+3)

Ce portrait qui vous fâche est votre ressemblance;(3+3//1+5)

Il était en des mains de votre connaissance;(3+3/6)

Et ce n'est pas un fait qui soit secret pour nous (4+2//2+4)

Que les douces ardeurs de la dame et de vous;(6/3+3)

 

 

 

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

 

Sganarelle apporte les précisions nécessaires Le quiproquo s'installe

Le ton de Sganarelle est faussement poli, voire servile. En réalité, il est douloureusement ironique grâce à l'emploi réitéré de l'honneur en un double sens l'un simplement poli l'autre lié à une éthique supérieure. L'interrogative indirecte s'oppose ainsi à l'impérative qui s'organise autour du verbe cesser et de l'adverbe modificatif désormais rimant avec fort mauvais, Dans la dernière proposition plus faiblement impérative le peut trouver a une résonance pitoyable et sacré veut s'élever au niveau du sublime

Le mètre oppose le rythme antisymétrique de l'interrogation et de l'injonction impérative à la symétrie du vers exprimant l'amertume et à la rupture coïncidant avec l'interruption

Je ne sais pas si j'ai, dans sa galanterie (4+2//6)

L'honneur d'être connu de Votre Seigneurie(2+4//6)

Mais faites moi celui de cesser désormais(4+2//6)

Un amour qu'un mari peut trouver fort mauvais, (3+3//3+3)

Et songez que les nœuds du sacré mariage... (3+3/6)

 

 

 

  

 

 

 

 

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

De Quoi à la fin

Va-t-on enfin se comprendre,?

L'interruption annonce que le quiproquo va s'installer avec la précision qu'il s'agit bien d'un mariage .

Pour Sganarelle il s'agit naturellement de sa légitime épouse mais pour Lélie

atterré il s'agit bien de Célie en dépit toutefois d'un indice révélateur qu'il laisse échapper.

 

C'est l'équivoque du possessif (utilisé 4 fois) qui peut aussi bien signifier l'une que l'autre qui entretient l'équivoque mais le dernier possessif ses parents ne peut pas s'appliquer à Célie qui n'a que son père.

La préciosité fait des ravages . Elle empêche le jeune homme de garder la tête froide.

Tous les deux se rejoignent dans la même souffrance mais avec des accents différents On peut opposer son mari prononcé par Sganarelle sur un ton douloureux et possessif et par Lélie sur un ton douloureux et surpris

Le vocabulaire de Lélie est précieux ce gage...celui de Sganarelle très prosaïque Est ma femme, et je suis son mari.

Ainsi que la plaisanterie un peu lourde du jeu de mots mari très marri 1mais efficace

Pour chaque vers? l'arythmie est étudié en fonction du sens

LÉLIE

Quoi ! celle, dites-vous, dont vous tenez ce gage...(3+3//4+2)

SGANARELLE..

Est ma femme, et je suis son mari.

LÉLIE.Son mari? ...(1+2+3//3+3)

SGANARELLLE

Oui. son mari vous dis-je, et mari très marri 1...(4+2//6)

Vous en savez la cause, et je m'en vais l'apprendre...(4+2//6)

Sur l'heure à ses parents. .. 

 

 

 

 

 

 INTRODUCTION

Dans ce texte l'auteur représente donc sur le mode farce le moment où Lélie demande à Sganarelle un éclaircissement au sujet d'un portrait qu'il détient et qui est le sien . Est-ce que l'auteur réussira la gageure de mener à bien jusqu'au bout la peinture de caractères fortement typés et d'installer un comique de situation qui établit un imbroglio soutenant l'intrigue? Pourra-t-il maintenir la maîtrise de la langue et du vers pour exprimer les sentiments et les traits de caractère en évitant tout artifice et toute vulgarité ?

 

CONCLUSION

Sganarelle est présenté comme un lourdaud incapable de subtilité après la démonstration grotesque de la scène précédente manifestant son caractère de matamore velléitaire et Lélie comme un damoiseau aveuglé par l'amour et la préciosité à la mode au point de perdre tout bon sens. Les sentiments sont parfaitement rendus grâce à l'art stylistique de l'auteur et à la maîtrise de la versification sont il fait preuve. La farce est installée avec ce nouveau quiproquo ; c'est le troisième : on attend le quatrième pour que le carré soit parfait.

  §5

COMMENTAIRE D'UN TROISIEME TEXTE

Un premier quiproquo a fait croire à la femme de Sganarelle qu'elle était trompée par son mari avec Célie. Un deuxième quiproquo a fait croire au mari qu'il est trompé par sa femme avec Lélie amant de Célie. Un troisième quiproquo a fait croire à Lélie que Célie a épousé Sganarelle en son absence Pour que le carré de l'imbroglio soit parfait, un quatrième quiproquo va persuader Célie qu'elle est trompée par son amant avec la femme de Sganarelle.

 

 

QUIPROQUO OU LE CARRE PARFAIT DE L'IMBROGLIO

CÉLIE.

Celui qui maintenant devers vous est venu,

Et qui vous a parlé, d'où vous est-il connu ?

 SGANARELLE.

Hélas ! ce n'est pas moi qui le connaît, Madame

C'est ma femme.

CÉLIE.Quel trouble agite ainsi votre âme?

SGANARELLE.

Ne me condamnez point d'un deuil hors de saison,

Et laissez-moi pousser des soupirs à foison.

CÉLIE D'où vous peuvent venir ces douleurs non communes ?

SGANARELLE.Si je suis affligé, ce n'est pas pour des prunes,

Et je le donnerais à bien d'autres qu'à moi

De se voir sans chagrin au point où je me vois.

 

Des maris malheureux vous voyez le modèle

On dérobe l'honneur au pauvre Sganarelle;

Mais c'est peu que l'honneur dans mon affliction,

L'on me dérobe encore la réputation.

CÉLIE.Comment ?

SGANARELI.E.Ce damoiseau, parlant par révérence,

Me fait cocu, Madame, avec toute licence,

Et j'ai su par mes yeux avérer aujourd'hui

Le commerce secret de ma femme et de lui.

CÉLIE.Celui qui maintenant...SGANARELLE.Oui, me déshonore

Il adore ma femme, et ma femme l'adore

 

COMMENTAIRE PROPREMENT DIT

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

Du début à c'est ma femme

Célie s'enquiert sur l'origine de la connaissance

La question est posée sans détours

Et la réponse de Sganarelle

manifeste un certain trouble

Le ton direct se manifeste avec l'emploi pléonastique coordonné du relatif composé Celui qui Et qui , de l'adverbe déictique maintenant et la chute de l'apodose interrogative

Le rythme est d'abord mesuré puis précipité

Celui qui maintenant devers vous est venu,(6/3+3)

Et qui vous a parlé, d'où vous est-il connu ? (6//6)

On notera l'emploi maintenant archaïque de devers au lieu de vers

Le ton malheureux de la réponse est l'effet de l'interjection et de l'opposition possessive négation pour moi /affirmation pour ma femme avec l'appel à la compassion de l'apostrophe Madame en fin de vers

Le mètre devient arythmique

Hélas ! ce n'est pas moi qui le connaît, Madame,(5+1//4+2)

C'est ma femme(1+3)

 

 

 

 

 

.

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

De quel trouble à soupirs à foison

Célie s'enquiert sur les raisons de son trouble

La question est pressante et la réponse ambiguë et embarassée

Le ton tressant se manifeste dans les termes trouble agite et âme et dans la brièveté de l'interrogation

Quel trouble agite ainsi votre âme?

La réponse est sur le mode se l'impératif suppliant d'abord négatif pour éviter l'accusation de faiblesse ensuite positif pour demander la permission de s'épancher.

Le rythme est binaire à l'unisson

Ne me condamnez point d'un deuil hors de saison, (6//6)

Et laissez-moi pousser des soupirs à foison. (6//6)

 

 

 

 

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

Célie demande des éclaircissements

Elle est toujours interloquée

Le ton se marque par une formule interrogative elliptique Comment ?

Toujours aussi  poseur Sganarelle en rajoute et se complait dans son rôle de comédien tragique avec des hémistiches pleins qui permettent les effets contrastés avec le rythme haché des autres vers

 Ce damoiseau, parlant par révérence(4+2//2+4)

Me fait cocu, Madame, avec toute licence, (2+2+2//6

Et j'ai su par mes yeux avérer aujourd'hui2+2//6

 Le commerce secret de ma femme et de lui 6/6

Le pronom tonique lui apporte la note plaisante qui convient à un homme outragé.

Célie ne peut en croire ses oreilles Celui qui maintenant...

Toujours aussi faraud, Sganarelle confirme sur le mode parodique avec l'emploi d'un chiasme rythmique fort réussi pour mettre en relief le terme galvaudé d'adore et souligner la fierté de posséder(ma répété) une épouse hors du commun .

 Il adore ma femme, et ma femme l'adore 4+2//4+2

 

 

 

 

INTRODUCTION

Dans ce texte l'auteur représente donc sur le mode farce le moment où Célie est intriguée par le fait que Sganarelle connaît son amant Lélie. Il s'agit toujours de la peinture de caractères fortement typés tels que Sganarelle et Célie et de finir d'installer un comique de situation qui soutient l'intrigue. Comment l'auteur a-t-il su concilier ces deux nécessités ? Plus que jamais il lui faudra maîtriser les ressources de la langue et du vers pour exprimer les sentiments et les traits de caractère en évitant tout artifice et toute vulgarité.

 

CONCLUSION

Sganarelle est présenté cette fois comme un comédien surtout préoccupé de se faire plaindre, et peut être de faire oublier les privautés qu'il s'est permises au début de l'action, sans se soucier outre mesure de ce que va produire sa révélation sur la tendre Célie qui, apprenant la nouvelle de son infortune, reste interloquée, et capable d'une réaction incontrôlée comme on l'apprendra par la suite. Les sentiments sont toujours parfaitement rendus grâce à l'art stylistique de l'auteur et à la maîtrise de la versification dont il fait preuve. La farce est installée avec ce nouveau quiproquo ; c'est le quatrième qui parfait le carré de l'imbroglio et le rocambolesque de l'action.

 

 

 

COMMENTAIRE D'UN QUATRIEME TEXTE

MISE EN PLACE DU TEXTE 4

Il ne reste plus qu'à résoudre l'imbroglio et à dénouer la crise, où le comique de situation est à son comble et révèle l'intention farcesque de l'auteur

SCENE XXII . Une démystification énergique

LA SUIVANTE.Ma foi, je ne sais pas

Quand on verra finir ce galimatias

Depuis longtemps je tâche à le comprendre,

Et si plus je l'écoute, et moins je puis l'entendre,

Je vois bien à la fin que je m'en dois mêler.

(Allant se mettre entre Lélie et sa maîtresse).

Répondez-moi par ordre et me laissez parler -.( À Lélie).

Vous, qu'est-ce qu'à son cœur peut reprocher le vôtre ?

LÉLIE.Que l'infidèle a pu me quitter pour un autre;

Que, lorsque, sur le bruit de son hymen fatal

J'accours tout transporté d'un amour sans égal,

Dont l'ardeur résistait à se croire oubliée,

Mon abord en ces lieux la trouve mariée.LASUIVANTE.Mariée ? à qui donc '!LÉLIE, montrant Sganarelle.A lui.

LA SUIVANTE. Comment! à lui?LÉLIE. Oui-da

.LA SUIVANTE. Qui vous l'a dit

LELIE. C'est lui-même, aujourd'hui

 

. LA SUIVANTE, à Sganarelle. Est-il vrai?

SGANARELLE. Moi, j'ai dit que c'était à ma femme

Que j'étais marié.

LÉLIE.Dans un grand trouble d'âme,

Tantôt de mon portrait je vous ai vu saisi.

SGANARELLE Il est vrai, le voilà.

LÉLIE.Vous m'avez dit aussi

Que celle aux mains de qui vous aviez pris ce gage

Etait liée à vous des nœuds du mariage SGANARELLE, montrant sa femme

.Sans doute, et je l'avais de ses mains arraché,

Et n'eusse pas sans lui découvert son péché.

 

 


COMMENTAIRE PROPREMENT DIT

 

THEMATIQUE

DE LA FRAGMENTATION DU MOMENT DU TEXTE

La suivante juge qu' il est temps de débrouiller l'imbroglio pour mettre tout le monde d'accord

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

Où il est question de méthode

(Allant se mettre entre Lélie et sa maîtresse)

Commençons par Lélie et sa maîtresse ; c'est le plus facile. De l'ordre et de la discipline avant tout.

Le ton est décidé et en impose avec l'emploi de la coordination impérative Répondez-moi et me laissez parler -.La parfaite symétrie du vers est à l'unisson Répondez-moi par ordre et me laissez parler -.(4+2//4+2)

.

L'enquête s'adresse d'abord à Lélie Quel est l'objet de la discorde?

Lélie reproche à Célie de lui avoir préféré un autre homme à qui elle est mariée La réponse de Lélie est pleine de rancœur.

La question est nettement formulée sur un plan strictement sentimental. C'est son cœur qui est mis en avant avec un possessif amoureux auquel fait écho le vôtreL'apostrophe , l'inversion interrogative de l'attribution , le votre en fin de vers tout est mesuré exactement.Vous, qu'est-ce qu'à son cœur peut reprocher le vôtre? (1+5//4+2)Pour exprimer la rancœur de Lélie, les termes sont soigneusement choisis pour opposer l'infidélité l'infidèle hymen fatal à la passion amoureuse J'accours transporté sans égal,et l'éloquence de la phrase soigneusement étudiée en ce sens qu'elle coïncide avec le mètre utilisé, apodose comprise.

Que l'infidèle a pu me quitter pour un autre;(4+2| 6)

Que, |lorsque, sur le bruit de son hymen fatal, ;(3+3 | 6)

J'accours tout transporté d'un amour sans égal,(2+4//6)

Dont l'ardeur résistait à se croire oubliée,(3+3//3+3)

Mon abord en ces lieux latrouve mariée.(3+3//3+3)

 

 

 

 

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

La suivante s'adresse à Sganarelle pour vérifier la véracité et la crédibilité de l'opinion.  formulée par Lélie

La question est directe Est-il vrai?mais la réponse de Sganarelle ne se fait pas attendre, convaincu de sa bonne foi

Lélie reste très attentif aux explications fournies par Sganarelle

 

 

La surprise de Sganarelle est désopilante grâce à l'apostrophe et surtout à un mètre disloqué

Moi, j'ai dit que c'était à ma femme (3+1+2//3+3)

Le rejet de la complétive renforce la mise en relief de l'attribution Que j'étais marié.

Lélie prend le relais sur un ton inquisiteur pour éclaircir l'attitude étrange de Sganarelle vis-à-vis de son portrait. On note les inversions qui mettent en relief le trouble qu'il provoquait chez lui

Dans un grand trouble d'âme,

Tantôt de mon portrait je vous ai vu saisi.

Le ton de la réponse de Sganarelle est tout uni Il est vrai, le voilà.

 

 

   

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la diale ctique correspondante

EXPRESSION DU SENS

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

Troisième point Lélie a un autre point à éclaircir qui lui tient à cœur la réalité du mariage avec Célie

 

. Lélie est à demi rassuré. Sganarelle s'étonne

 Loin de souffrir des accents dramatiques, le comique sort renforcé d'une situation rocambolesque où le quiproquo ne peut être vraiment pris au sérieux ; le spectateur n'est pas dupe d'une farce qui ne peut que se dénouer heureusement pas plus qu'il n'était dupe des intentions homicides de Sganarelle dans la scène précédente

LÉLIE qui commence enfin à comprendre ce dont il y a longtemps il aurait dû se douter s'exprime d'abord sur un ton vaguement inquisiteur avec des inversions révélatrices d'un certain trouble

Dans un grand trouble d'âme,

Tantôt de mon portrait je vous ai vu saisi.

  L'étonnement de SGANARELLE.s'exprime par une asyndète Il est vrai, le voilà

 

 

 

Schématique

du Moment du texte

Capturé par MemoWeb à partir de http://pagesperso-orange.fr/paul.martin/sganarelle.htm  le 12/08/2008