la cousine bette

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§1 §2 §3

§1 Le genre narratif romanesque pourra être du type Comédie humaine, selon la formule de Balzac qualifiant son art. Les commentaires de texte choisis comme exemples le concernant seront extraits du roman de Balzac intitulé La Cousine Bette. Ils supposeront une mise en place du texte par rapport à la fondation unitaire du genre : le récit du protagonisme de la passion des valeurs chez un personnage face à l'antagonisme de la passion des valeurs chez d'autres personnages dans le cadre d'une certaine époque dans un pays donné avec le souci majeur d'être l'historien de l'actualité du présent.

Ils consisteront ensuite à déterminer la thématique de la fragmentation du moment du texte et à examiner si l'auteur a su bien traduire les intentions expressives constitutives de la schématique du moment correspondante : peindre les personnages avec la compétence du psychologue et l'époque avec les scrupules de l'historien du présent

  COMMENTAIRE DU PREMIER TEXTE

MISE EN PLACE

Le premier texte est extrait du premier épisode où le monstre a l'occasion d'assouvir sa jalousie vis-à-vis de la cousine devenue baronne et comblée par le sort . Elle est témoin d'une scène qui autorise tous les espoirs : sa cousine Adeline est l'objet d'un chantage de la part de Crevel qui veut obtenir ses faveurs en profitant de la première occasion offerte par l’annulation du mariage de la fille du baron incapable de payer la dot que réclame la condition sociale du prétendant. C'est l’évanouissement de la baronne qui lui fait deviner le chantage que le riche bourgeois Crevel, beau père de son fils, a utilisé en vain pour obtenir ses faveurs. Balzac va en profiter pour faire une mise au point de la situation d’abord avec une rétrospective concernant le baron puis son épouse Adeline et enfin la cousine Bette elle-même : en particulier il entreprend de faire la genèse de la monstruosité de sa jalousie qui fonde son caractère. Il vient de faire observer que curieusement pour la cousine Bette la maison de la baronne conserve toute sa splendeur en dépit des signes de détresse inscrits sur les meubles. C’est ici que se place le moment du premier texte à commenter

 

 

l'étrange manie de la vieille fille

Avec le temps, la cousine Bette avait contracté des manies de vieille fille, assez singulières. Ainsi, par exemple, elle voulait, au lieu d’obéir à la mode, que la mode s’appliquât à ses habitudes, et se pliât à ses fantaisies toujours arriérées. Si la baronne lui donnait un joli chapeau nouveau, quelque robe taillée au goût du jour, aussitôt la cousine Bette retravaillait chez elle, à sa façon, chaque chose, et la gâtait en s’en faisant un costume qui tenait des modes impériales et de ses anciens costumes lorrains. Le chapeau de trente francs devenait une loque, et la robe un haillon. La Bette était, à cet égard, d’un entêtement de mule; elle voulait se plaire à elle seule et se croyait charmante ainsi; tandis que cette assimilation harmonieuse en ce qu’elle la faisait vieille fille de la tête aux pieds, la rendait si ridicule, qu’avec le meilleur vouloir, personne ne pouvait l’admettre chez soi les jours de gala.

 

COMMENTAIRE 

THEMATIQUE DE LA FRAGMENTATION DU MOMENT DU TEXTE

L'auteur s'efforce d'expliquer la jalousie monstrueuse de la cousine Bette en explorant son passé

 

 Schématique du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

 

EXPRESSION DU SENS

 CONNOTATION DE L’EXPRESSION DU SENS

 

Dans la première phrase, l’auteur cherche une explication dans le passé de la Vieille fille

L'habitude a forgé chez elle des manies étranges

Le terme de singulières traduit l’étrangeté mais pique aussi la curiosité. Celui de contracté fait penser à quelque chose de morbide et le temps fait intervenir la notion d’habitude. Son importance est soulignée par l’inversion en début de phrase de la circonstance avec le temps.

L’habitude en effet est renforcée avec le temps qui crée une seconde nature. On sait aussi que la manie est une des catégories du caractériel pour classer ce qu’on appelle maladies mentales.

 

Dans la seconde phrase, un exemple vient éclairer la chose

Bette refuse de se plier à la mode du temps pour lui préférer celle de sa jeunesse.

Deux complétives de rythme binaire gouvernant le subjonctif pour marquer l’obstination de la vielle fille. Un chiasme pour exprimer l’étrangeté du choix. Le rapport entre les exigences de la personnalité et la mode de l’opinion se trouve inversé. Elle voulait, au lieu d’obéir à la mode, que la mode s’appliquât à ses habitudes, et se pliât à ses fantaisies . Celles-ci sont qualifiées d’arriérées car il ne faut pas oublier que nous sommes sous le règne de Louis Philippe et que l’Empire et la jeunesse lorraine sont du passé.

 

 

 

 

 

 Schématique du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

 

EXPRESSION DU SENS

 CONNOTATION DE L’EXPRESSION DU SENS

La troisième phrase s'interroge sur le résultat

C’est un désastre

Pour le manifester l’auteur utilise le procédé de l’ellipse Le chapeau de trente francs devenait une loque, et la robe un haillon avec l’opposition entre les trente francs du chapeau qui semble une somme non négligeable et les termes péjoratifs de loque et de haillon

 

         

   

Schématique

du Moment du texte

analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS

CONNOTATION DE L’EXPRESSION DU SENS

avec la dernière phrase, voici le jugement de l’auteur qui est sans appel et en prise avec l’explication de la jalousie monstrueuse de la vieille fille vis-à-vis de sa cousine.

En se mettant ainsi au ban de la société tout devient possible : elle ne peut que ruminer une terrible revanche qui satisfasse son besoin de rivaliser avec la cousine si adulée.

La phrase réussit à rendre l’harmonie intérieure d’une personnalité tout d’une pièce avec une ascension progressive de la protase syncopée et par contraste le caractère irrémédiable de la manie avec l'opposition brutale d’une chute de l' apodose relativement courte

La Bette était, à cet égard, d’un entêtement de mule; -| elle voulait se plaire à elle seule | et se croyait charmante ainsi, | tandis que cette assimilation harmonieuse en ce qu’elle la faisait vieille fille de la tête aux pieds, la rendait si ridicule,|| qu’avec le meilleur vouloir, personne ne pouvait l’admettre chez soi les jours de gala .

L’égocentrisme est mis en relief par l’emploi de formes réfléchies telles que elle voulait se plaire à elle-même et se croyait charmante l’achèvement du ridicule est rendu par l’image l’entêtement de mule, et l’alliance curieuse de l’assimilation harmonieuse qui la fait vieille fille de la tête aux pieds

La condamnation irrémédiable rend toute concession inutile avec le meilleur vouloir et rend l’exclusion inexpiable personne ne peut l’admettre à une soirée de gala.

A travers le texte , on se rend compte de que la société du temps est impitoyable pour ceux qui ne répondent pas à la norme de la réussite sociale en particulier au respect des convenances de la mode et quelle opprobre pèse sur la vieille fille classée au rang des rebuts de la société pour peu qu’elle veuille faire preuve d’indépendance.

D’une manière générale, la vieille fille exerce sur Balzac une espèce de fascination. C’est son personnage favori.

       

 

Voici l’introduction proposée :

Balzac cherche à expliquer les bizarreries du caractère de la cousine Bette, en particulier sa jalousie monstrueuse, par les manies étranges qu’elle a contractées avec le temps. Il s’agit de voir si cette explication va révéler le talent de l’auteur pour peindre un personnage hors du commun et surtout détecter la genèse de cette rancœur morbide qui laisser deviner le drame qu’elle va créer dans son entourage. Fait-il preuve ainsi des qualités d’observation psychologique et de celles du parfait historien de son époque nécessaires selon lui à la création de la fiction romanesque ?

La conclusion va de soi.

La peinture de la cousine Bette est parfaitement réussie grâce à la maîtrise du style de l’auteur. Sa psychologie est sans faille et l’expérience qu’on peut avoir confirme la justesse du personnage. On comprend la genèse de cette jalousie monstrueuse à partir des manies étranges qu’a contractées avec le temps une vieille fille qui se coupe du monde. Quant à l’époque, elle transparaît avec la rigueur d’un historien soucieux de montrer la condition d’une vieille fille au temps de Louis-Philippe à Paris, soumise à la tyrannie de la mode.

 §2 COMMENTAIRE DU DEUXIEME TEXTE

MISE EN PLACE DU TEXTE 2

Ce texte est extrait de l'épisode où le monstre connaît les affres de la jalousie amoureuse concernant son protégé un immigré livonien Wenceslas qu'elle a recueilli chez elle après une tentative de suicide et qu'elle soupçonne d'être amoureux de sa petite cousine, fille de la baronne. Elle vient de rendre visite à son ancien patron Rivet qui hait tout ce qui est étranger afin de se renseigner sur les moyens d'emprisonner le Polonais pour empêcher le mariage. C’est ici que se place le moment du texte à commenter

 

 

TEXTE 2: Une filature bien menée

 

Pour se rendre chez monsieur Crevel, qui demeurait rue des Saussayes, elle prit par le pont du Carrousel, le quai Voltaire, le quai d'Orsay, la rue Belle Chasse, la rue de l'Université, le pont de la Concorde et l'avenue de Marigny. Cette route illogique était tracée par la logique des passions, toujours excessivement ennemie des jambes La cousine Bette tant qu'elle fut sur les quais, regarda la rive droite de la Seine en allant avec une extrême lenteur. Son calcul était juste. Elle avait laissé Wenceslas s'habillant, elle pensait qu'aussitôt délivré d'elle l'amoureux irait chez la baronne par le chemin le plus court. Au moment où elle 1ongeait le parapet du quai Voltaire en dévorant la rivière, et marchant en idée sur l'autre rive, elle reconnut l'artiste dès qu'il déboucha par le guichet des Tuileries pour gagner le Pont Royal. Elle rejoignit là son infidèle et put le suivre, car les amoureux se retournent rarement ; elle l'accompagna jusqu'à la maison de madame Hulot où elle le vit entrer comme un homme habitué d'y venir.

Cette dernière preuve qui confirmait les confidences, de madame Marneffe, mit Lisbeth hors d'elle.

 

THEMATIQUE

DE LA FRAGMENTATION

DU MOMENT DU TEXTE

La cousine Bette n'a de cesse de vérifier l'infidélité de son protégé par une filature en règle

 

 

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

De cette route illogique à jambes

Il y a tout d'abord le choix de l'itinéraire pour se rendre chez monsieur Crevel

Il s"agit d'un choix complètement illogique mais qui lui est dicté par la passion Car elle est atteinte en plein cœur puisque sa petite cousine lui vole son bonheur

Choix illogique puisque si l'on regarde le plan de Paris, la rue des Saussayes peut être atteinte directement alors que l'itinéraire suivi par Lisbeth s'écarte du but. Le caractère délibéré de la décision apparaît dans la succession rapide des termes choisis pour désigner les rues Le terme de tracé reflète la nature spontanée et irrépressible de la décision L'opposition entre les termes d'illogique et de logique est soulignée par leur emploi symétrique dans les fonctions sujet et agent d'une tournure passive La trivialité de la remarque, toujours excessivement ennemie des jambes veut montrer qu'il s'agit d'une observation courante.

Balzac inaugure avec la logique des passions qui fera fortune au siècle suivant avec Ribot. Il y a la Logique de la raison et les logiques de la passion (des valeurs)sans lesquelles elle n'aurait aucune raison d'être.

 

   

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

De la cousine Bette à chemin le plus court

Le calcul de la cousine Bette

Il s'agit de donner du temps à Wenceslas qui ne manquera pas de choisir le chemin le plus court.

La lenteur du démarrage est exprimée par l'emploi d'une phrase avec une construction un peu laborieuse groupe sujet coupé du verbe regarda au parfait par une subordination circonstancielle tant qu'elle fut sur les quais, et un gérondif modificatif repoussé à la fin. en allant avec une extrême lenteur. L'annonce de la justesse du calcul est abrupte. Le possessif et l'imparfait ainsi que la brièveté de la phrase insistent sur l'intelligence imaginative de la cousine Son calcul était juste.

Tout est magistralement échafaudé

La réflexion rapportée est à l'imparfait avait laissé/ pensait temps de la durée. Le conditionnel irait de la complétive dépendante du verbe penser marquant tout naturellement le futur d'une éventualité dans le passé. Le terme d'amoureux est bien choisi pour traduire le dépit de la cousine trompée comme aussitôt délivré d'elle pour traduire l'état initial d'esclavage de son protégé A la fin de la phrase le détail important par le chemin le plus court

 

Tel est le caractère de la passionnée où la hiérarchie des valeurs fait que tout est conditionné en fonction du choix initial. C'est ainsi que certains individus tels que le terroriste paraissent très imaginatifs en mettant toute leur intelligence au service de leur culte théologique de certaines valeurs qui restent égocentriques.

 

 

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

de Au moment où à Pont Royal

Premier temps de la vérification

CC'est ce que vérifient les faits dans un premier temps. L'hypothèse était juste qu'il ne tarderait pas à profiter de son absence pour emprunter l'itinéraire le plus court

Une intention réaliste pour donner au roman une actualité Au moment où elle 1ongeait le parapet du quai Voltaire. La brusquerie de la révélation se manifeste avec l'emploi de la circonstancielle inceptive dès qu'il et des verbes reconnut et déboucha au parfait. Le terme de dévorer montre que la cousine sous l'empire de la passion néantise le monde en marchant en idée sur l'autre rive

pour l'histoire l'existence à cette époque du guichet des Tuileries pour gagner le Pont Royal.

On peut être étonné de voir Balzac figurer parmi les précurseurs de la philosophie sartrienne de la néantisation émotive, mais le fait est là d'un sens psychique très exercé.

 

 

Schématique

du Moment du texte

aAnalyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

De elle rejoignit à la fin

La confirmation

Grâce à son habileté, elle est maintenant assurée de son infortune et en même temps ulcérée profondément. La preuve de l'infidélité est l'entrée du Polonais dans la maison de Mme Hulot comme un habitué.

. L'auteur joue du sens excessif du terme infidèle mal appliqué à la situation et du possessif son qui veut indiquer en même temps la possessivité de la vieille fille et sa rancœur naissante. Car les amoureux se retournent rarement veut souligner une vérité d'expérience qui ne peut faillir avec une coordination explicative.

L'obstination est le fait de l'emploi du verbe accompagner au parfait avec le circonstanciel de l'accompli jusqu'à la maison de madame Hulot la cousine honnie L'expression confidences de Mme Marneffe en dit long sur la complicité qui s'installe .et mit Lisbeth hors d'elle laisse présager des jours sombres pour les ennemis de la monstrueuse cousine. On peut dire que c'est là que se noue tout le drame qui va suivre. La cousine Bette ira jusqu'au bout de sa haine et de la passion, des valeurs de la réussite sociale qui l'habite

 

. Qu'il s'agisse de la pertinence de l'observation de l'attitude des amoureux obnubilés par l'amour au point d'oublier le monde autour d'eux ; que de la seconde nature de l'habitude qui permet de reconnaître une nouvelle personnalité on est obligé de penser que le sens psychologique de l'auteur atteint ici un sommet. C'est ainsi que la violence de la passion des valeurs amoureuses chez la Cousine qui les connaît tardivement alors qu'elle atteint la quarantaine pour un jeune homme dans ses vingt ans s'explique tout naturellement par un aveuglement qui lui fait perdre toute lucidité.

 

         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici l’introduction proposée

Dans ce texte la cousine Bette veut à tout prix en avoir le cœur net de l'infidélité de son amoureux telle qu'elle lui a été révélée par sa nouvelle amie, l'intrigante Mme Marneffe. On en profitera pour examiner le qualités narratives du récit et la peinture des caractères telle qu'elle en ressort sans oublier le sens psychologique et l'exactitude historique qu'il révèle de la part de l'auteur.

  Et voici la conclusion

Une filature bien menée lui permettra de vérifier la justesse de ses soupçons et à travers celle-ci on aura une vue très exacte de sa personnalité où domine une monstrueuse jalousie associée à une intelligence remarquable mise entièrement au service d'une sorte de terrorisme ciblé au cœur d'un clan familial. C'est le triomphe de la haine primaire dans le cadre parisien d'une époque où les passions amoureuses sont exacerbées par un régime social de contraintes et de convenances artificielles souvent ruineuses.

§3 COMMENTAIRE DU TROISIEME TEXTE

 

MISE EN PLACE DU TEXTE 3

Ce texte se situe dans l'épisode où la Lisbeth manigance d'épouser le Maréchal Hulot ancien grand dignitaire de l'Empire en circonvenant la famille acculée à la ruine par les agissements crapuleux de l'invétéré jouisseur, le mari de la cousine tant enviée, que c'était le seul moyen de les aider et de les sauver de la misère. On en arrive au moment où l'auteur fait le bilan des manigances

 

TEXTE 3 Le triomphe de la cousine Bette

Lisbeth, en apparence brouillée avec madame Marneffe s'installa chez le maréchal Hulot. Dix jours après ces événements, on publia le premier ban du mariage de la vieille fille avec l'illustre vieillard à qui, pour un consentement, Adeline raconta la catastrophe financière arrivée à son Hector en le priant de ne jamais en parler au baron qui, dit-elle, était sombre, très abattu, tout affaissé... - Hélas! il a son âge! ajouta-t-elle. Lisbeth triomphait donc! Elle allait atteindre au but de son ambition elle allait voir son plan accompli, sa haine satisfaite. Elle jouissait par avance du bonheur de régner sur la famille qui l'avait si longtemps méprisée. Elle se promettait d'être la protectrice de ses protecteurs, l'ange sauveur qui ferait vivre la famille ruinée, elle s'appelait elle-même madame la comtesse ou madame la maréchale! en se saluant dans la glace. Adeline et Hortense achèveraient leurs jours dans la détresse, en combattant la misère, tandis que la cousine Bette, admise aux Tuileries, trônerait dans le monde.

   

THEMATIQUE

DE LA FRAGMENTATION

DU MOMENT DU TEXTE

Dans ce texte l'auteur fait le bilan des manigances de la Cousine pour épouser le Maréchal Hulot et accéder au sommet de la réussite sociale en se faisant passer pour la seule capable de sauver la famille du baron Hulot de la ruine totale qu'elle a contribué à perpétrer.

Schématique

du Moment du texte

Analyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

De Lisbeth

A ajouta -t-elle

La première partie concernant le projet de mariage

Elle obtient d'abord de s'installer chez le maréchal. Puis la publication du premier ban après l'intervention de sa cousine, la belle-sœur du Maréchal, que celui-ci affectionnait particulièrement

Toute l'habileté de la Cousine est contenue dans le terme en apparence qui montre bien la complicité entre les deux femmes et la satisfaction de la réussite dans le parfait du verbe s'installer

Cela n'a demandé que Dix jours. L'opposition, entre la vieille fille et l'illustre vieillard montre bien l'étendue de l'ascension dans l'échelle sociale.

Il a fallu pour cela que l'épouse d' Hector déploie tous ses trésors d'ingéniosité. Elle parle de catastrophe financière par euphémisme pour cacher la vérité et priant de ne jamais en parler au baron décrit comme sombre, très abattu, tout affaissé pour éviter la découverte de la supercherie Hélas! il a son âge! suprême habileté pour encourager le vieillard à convoler à son âge.

La transformation d'une épouse vertueuse en complice d'un complot ourdi contre un vieillard diminué par l'âge et nécessitant une aide ménagère est psychologiquement bien observée : la valeur familiale supplante toute autre valeur morale. Pour elle ce qui compte maintenant, c'est de sauver l'honneur de sa famille.

 

Schématique

du Moment du texte

aAnalyse du sens de la dialectique correspondante

EXPRESSION DU SENS .

CONNOTATION DE L'EXPRESSION DU SENS

La seconde partie concerne plus particulièrement les sentiments qu'éprouve la Cousine qui connaît l'ivresse du succès.

Sa joie est sans mélange. Le bonheur est triple d'abord celui

d'atteindre le but visé ;ensuite celui de régner sur la famille qui l'a méprisée et enfin celui de connaître la puissance attachée au titre de madame la Maréchale; sans compter le plaisir sadique d'être le témoin, de la misère où serait réduite la cousine abhorrée

La joie se manifeste avec l'exclamation Lisbeth triomphait donc! où le donc a un sens lourd de sous-entendus Mais l'art de l'auteur est surtout dans l'utilisation du discours indirect libre pour rendre compte des sentiments de la Cousine par avance éprouvés. Elle allait voir Elle jouissait Elle se promettait elle s'appelait / Adeline et Hortense achèverait tandis que la cousine Bette trônerait Il oppose habilement le futur dans le passé à l'imparfait de l'actualité virtuelle.

L'accomplissement se marque dans les termes

ambition plan atteindre but accompli satisfaite. admise

dans l'opposition entre régner méprisée / protectrice de ses protecteurs / l'ange sauveur de la famille ruinée

La vanité se traduit avec la complaisance avec laquelle elle s'imagine jouissant des faveurs attachées aux titres aux Tuileries, dans le monde. madame la comtesse ou madame la maréchale!

Avec l'utilisation des réfléchis en se saluant dans la glace.

Quant au sadisme il se voit dans la force des termes de détresse, en combattant la misère et dans la fierté de quelqu'un qui ferait vivre, elle-même

 

On ne peut que noter une analogie entre la Cousine de Balzac et la Perrette de La Fontaine. Avec les réserves nécessaire sur la différence des caractères, il y a la même démarche imageante de deux natures portées à la passion de valeurs se manifestant volontiers sur le plan virtuel par manque de lucidité, par une sorte d'aveuglement émotif. Car l'âge du Maréchal fait que le bonheur de la Cousine ne peut être que de courte durée.

  Et voici l'introduction possible

Dans ce texte l'auteur fait le bilan des manigances de la Cousine pour épouser le Maréchal Hulot et accéder au sommet de la réussite sociale en se faisant passer pour la seule capable de sauver la famille du baron Hulot de la ruine totale qu'elle a contribué à perpétrer. Comment l'auteur a-t-il annoncer le résultat? A-t-il réussi à traduire les sentiments mêlés de la vieille fille à la hauteur de sa monstrueuse jalousie,à l'échéance du succès ? Sa psychologie atteint elle les sommets qui paraissent nécessaires pour interpréter leur complexité ? Tout cela convient-il à l'histoire de l'époque ?

La conclusion sera

Le bilan est établi avec la sobriété qui convient pour l'annonce du mariage de la Cousine qui la fait passer d'une condition presque misérable à celle d'épouse d'un dignitaire du Régime La maîtrise habituelle de l' auteur se manifeste surtout dans l'expression des sentiment mêles de bonheur sadique lié à l'ivresse du succès qu'éprouve la Cousine Bette à cette occasion. Sa psychologie est à la hauteur de la situation ainsi créée à tel point qu'il apparaît comme l'un des précurseurs de la psychologie sartrienne de l'émotion et de sa fonction néantisante. L'histoire de l'époque situe l'événement dans la soif de réussite sociale que le régime de Louis Philippe avait contribué à susciter dans certaines couches de la Société.

Capturé par MemoWeb à partir de http://pagesperso-orange.fr/paul.martin/la_cousine_bette.htm  le 12/08/2008