DEMOCRATIE

 

 

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En ce début mars de l'année 2008, voici la publication  de la sixième  section du chapitre XIV et de  rectifications importantes concernant le chapitre dans son entier.

table des matières

 

 

 

Les questions que pose la démocratie  

 

 

 

                  Certains ne se privent pas de remettre en question le régime démocratique qu'ils accusent des pires maux provoquant généralement une indignation réelle chez ceux qui le défendent avec conviction. Comme toujours en ce cas, plutôt que de s'indigner vertueusement il est préférable de s'interroger en toute bonne foi si la démocratie représente la science politique par excellence ou si au contraire une remise en question est nécessaire. En d'autres termes, peut-on critiquer la démocratie ? Est-elle un mythe ou une réalité scientifique ?

Si le terme est né dès le XIVème siècle, (du grec δημος = peuple et χρατια=gouvernement), sa définition est restée laborieuse. Il est bien difficile d'en trouver une qui ne s'éloigne pas du sens étymologiquement éprouvé de gouvernement du peuple. Au siècle des Lumières, Montesquieu le définit comme un idéal de la République ; Voltaire Diction. Philosophique  en donne une définition pessimiste : "La multiplicité des têtes se nuit et la multitude des queues obéit à une seule tête qui veut tout dévorer. Telle est la fable turque du dragon à plusieurs têtes et à plusieurs queues qui veut illustrer le vice de la démocratie". Rousseau la considère comme une utopie.

Le XIXème Siècle ne sait guère quoi en penser. Lamartine l'assimile au suffrage universel comme si cela allait de soi. BergsonLes deux Sources   p. 299définit ainsi une démocratie théorique; en insistant sur son caractère idéal, inaccessible : "De toutes les conditions politiques, c'est en effet la plus éloignée de la nature, la seule qui transcende, en intention du moins, la "société close". Elle prend pour matière un homme idéal, respectueux des autres comme de lui-même. Le citoyen ainsi défini est à la fois "législateur et sujet" pour parler comme Kant". Renan, à son tour dans un langage fleuri, fait de la démocratie, "ce qui nous apprend à extraire les diamants des foules impures. Partout où il n'y a pas de peuple pour nourrir et inspirer le génie, il n'y a rien".

                        

  A de Tocqueville (De la démocratie en Amérique : Introduction) attribue l'avènement de la démocratie à la Providence. "De quelque côté que nous jetions nos regards, nous apercevons la même révolution qui se continue dans tout l'univers chrétien. Partout on a vu les divers incidents de la vie des peuples tourner au profit de la démocratie; tous les hommes l'ont aidée de leurs efforts : ceux qui avaient en vue de concourir à ses succès et ceux qui ne songeaient point à la servir; ceux qui ont combattu pour elle, et ceux mêmes qui se sont déclarés ses ennemis ; tous ont été poussés pêle-mêle dans la même voie, et tous ont travaillé en commun, les uns malgré eux, les autres à leur insu, aveugles instruments dans les mains de Dieu. Le développement graduel de l'égalité des conditions est donc un fait providentiel, il en a les principaux caractères : il est universel, il est durable, il échappe chaque jour à la puissance humaine ; tous les événements, comme tous les hommes, servent à son développement." C'est un peu trop commode.

                      On n'aura aucune peine à éliminer les sens dits fondamentaux© dvd encyclopedia BRITANNICA 2002  qui s'attachent à la forme du gouvernement que la démocratie suppose plutôt qu'à l'expérience du peuple qu'elle implique dans l'exercice du gouvernement. Qu'il s'agisse

1)     D'une forme dans laquelle le droit de prendre des décisions politiques appartient directement au corps entier des citoyens, selon la règle de la majorité, connue comme démocratie directe

2)     D'une forme où les citoyens exercent le même droit, non en personne mais par l'intermédiaire de représentants choisis par eux et responsables devant eux, connue comme démocratie représentative

3)     D'une forme où les pouvoirs de la majorité sont exercés dans le cadre de règles constitutionnelles qui garantissent aux citoyens la jouissance de certains droits individuels ou collectifs, tels que la liberté d'expression, de religion, connue comme démocratie constitutionnelle

                 On comprend que le Vocabulaire de Lalande les ait ignorés. Mais la définition qu'il retient, inspirée de Fustel de Coulanges, n'est pas meilleure : Etat politique dans lequel la souveraineté populaire appartient à la totalité des citoyens, sans distinction de naissance, de fortune ou de capacité. Il s'agit de l'hypostase d'une "conscience collective" à la mode de Durkheim mais en aucun cas d'une simple expérience commune à la nature humaine.

 L'énigme n'est peut être pas insoluble si on considère qu'il ne pourrait y avoir de science politique que désignerait le terme de démocratie, sans l'expérience d'une scientificité critique concernant l'art du pouvoir,  c'est à dire étymologiquement celle d'un régime  en qualité de peuple, fondé sur la satisfaction du besoin fondamental de pouvoir propre à la nature humaine. Car l'hérésie est aussi bien de concevoir une notion apriorique de la scientificité de l'art du pouvoir qu'une notion aposteriorique.

Et donc, pas de science politique sans révéler une correspondance entre la scientificité de droit du régime qui permet de le définir et la scientificité de fait qui permet de le réaliser ; sans trouver finalement une fondation unitaire assez solide pour absorber les disparités éventuelles. À une double condition toutefois. D'abord se garder de confondre le sens étymologique de peuple ensemble d'individus constituant une nation définie par un territoire et des institutions politiques avec le sens péjoratif  de ceux qui ne jouissent pas des privilèges de la noblesse ou de la fortune ; ensuite préciser le sens d'une méthodologie qui convient à  une telle tâche, problème épineux trop souvent négligé.

 Le terme de méthode est né à la fin du XVIème siècle en même temps que méthodique : il vient du grec (οδος = chemin et μετα = à travers/avec/ensuite/après). Méthodologie ne date que du XIXème selon Larousse, alors que Kant l'emploie en 1781 dans la Critique de la Raison pure (Methodenslehre). Mais la question importante est de savoir si la méthode dans l'opération de l'esprit, est déterminée indépendamment  de son application, pour être formulée par avance ou par la suite ; ou bien si elle ne peut être découverte que dans une opération effective.

Husserl considère, en effet, toute méthodologie comme déterminée a priori et indépendamment de son application. Lalande, dans son Vocabulaire, fait de la méthodologie "une subdivision de la Logique ayant pour objet l'étude a posteriori des méthodes et plus spécialement d'ordinaire celle des méthodes scientifiques". Il fait remarquer toutefois que Kant a opposé la Méthodologie à l'ensemble de la Logique, en divisant la Critique de la Raison Pure en Transcendantale Elementarlehre (comprenant l'Esthétique et la Logique) et en Transcendantale Methodlehre. La première examinant la nature et la valeur des matériaux avec lesquels nous pouvons construire notre connaissance et la seconde ayant pour objet de choisir entre les divers usages qu'on peut en faire avec le Canon de la Raison Pure

 Lalande a tort d'en faire un débat purement doctrinal. Ce serait une erreur de le négliger car il peut en résulter une fausse interprétation qui conduit à des errements regrettables. D'après le dictionnaire anglais Cassel's new english dictionnary μετα suppose toujours un changement ou une transposition, quel que soit le sens de l'étymon. Etymologiquement parlant, une méthodologie ne peut être que la recherche au travers d'un chemin poursuivi. Autrement dit, une recherche chemin faisant. Ni l'apriorisme de Kant et d'Husserl, ni l'aposteriorisme de Lalande ne peuvent donc convenir, pour désigner une méthodologie qui permette de vérifier à la fois l'efficience et l'efficacité de la scientificité du régime sans laquelle il ne pourrait y avoir de science politique par excellence que désignerait le terme de démocratie.

On ne peut se leurrer toutefois sur la difficulté de la tâche et l'importance des obstacles qui s'opposent à une théorie de la connaissance. Certains vont même jusqu'à considérer celle-ci comme illusoire, constituant un "paralogisme" : dans la mesure où on en fait l'étude du rapport entre le sujet et l'objet dans l'acte de connaître,  on oublie qu’en critiquant telle ou telle sorte de connaissance, on lui oppose une autre connaissance tenue pour certaine par elle-même et qu'on croit pouvoir à tort étendre cette critique à la connaissance en général. Mais si on fait de la théorie -- ce qu'elle est étymologiquement -- une pure observation se tenant résolument au niveau de l'expérience, on peut espérer franchir les obstacles de tout paralogisme.

 

Table des matières

 

 

INTRODUCTION  Les questions que pose le terme de démocratie

 

 

CHAPITRE I   L'HERESIE D'UNE NOTION APRIORIQUE DE LA SCIENTIFICITE DE L'ART DU POUVOIR

 

Sections

Titre de la section

§1

L'évidence apriorique d'un système de pensée

§2

L'évidence apriorique d'un despotisme éclairé

§3

La confusion de la scientificité et de l'historicité du marxisme

§4

Les régimes marxistes

§5

L'élargissement de la scientificité selon Cassirer

§6

Machiavel précurseur d'une véritable science politique

§7

Discussion de la notion de mythe

§8

Fascisme

§9

Théisme

§10

Utopismes

 

  

CHAPITRE II L'HERESIE D'UNE NOTION APOSTERIORIQUE DE LA SCIENTIFICITE DE L'ART DU POUVOIR

 

Sections

Titre de la section

§1

Stuart Mill, théoricien d'une science politique fondée sur l'évidence aposteriorique de la scientificité

§2

Montesquieu

§3

L'hérésie d'un compromis : le système d'A.Comte

§4

Tocqueville : de la Démocratie en Amérique

§5

Le destin de l'œuvre de Tocqueville face à la critique de Stuart Mill et à la postérité

 

 

 

 

 

CHAPITRE III DE L'HERESIE D'UNE IMPUISSANCE METHODOLOGIQUE A UNE EXPERIENCE PREMIERE  DE LA CONNAISSANCE

 

 

Sections

Titre de la section

§1

La tentative avortée d'une troisième voie

§2

L'installation d'un doute sur les insuffisances du langage

§3

Ne peut-on pas accuser plutôt un mauvais emploi du langage ?

§4

De l'expérience première de la connaissance

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE IV  VERS UNE PROPEDEUTIQUE DES PRINCIPES DE LA CONNAISSANCE

 

Sections

Titre de la section

§1

De la signification de la science du sentiment des valeurs

§2

de la signification de la science de la passion de la justice intersubjective des valeurs

§3

De la signification de la science du culte de la justice intersubjective des valeurs

§4

De la signification de la science de l'affectivité et le monde naturel de la représentation

§5

De la signification de la science de l'affectivité à la désignation d'une pseudo science.

§6

De la désignation de la pseudo science à une désignation de la science pure.

 

CHAPITRE V    DE LA NECESSITE D'UNE REMISE EN CAUSE RADICALE DES DOCTRINES DE LA CONSCIENCE

 

Sections

Titre de la section

§1

Le problème terminologique de la notion de conscience

§2

Les doctrines exclusivistes

§3

Les doctrines négationnistes

 

     

CHAPITRE VI   CAS PARTICULIER DE LA DOCTRINE SARTRIENNE DE LA CONSCIENCE

 

Sections

Titre de la section

§1

Exposé de la doctrine sartrienne

§2

De la critique de la métaphysique sartrienne par Foulquié (première génération)

§ 3

De la critique de la métaphysique sartrienne par A.Renaut (seconde génération) et remarques conséquentes sur la notion de métaphysique.

      

CHAPITRE VIII  LA SYSTEMATIQUE DE LA CONNAISSANCE : DE LA TOPIQUE INTERROGATIVE  A SA MODALITE

 

Sections

Titre de la section

§1

La notion de connaissance

§2

La notion de topique interrogative

§ 3

La modalité ontologique

§ 4

La modalité logique

§ 5

Remarques conséquentes

 

   

CHAPITRE IX     LA SYSTEMATIQUE DE LA CONNAISSANCE : DE LA VERIFICATION HYPOTHETIQUE A LA VERIFICATION CATEGORIQUE

Sections

Titre de la section

§1

  le corpus de la vérification hypothétique

 

§2

  La notion de vérification problématique

 

§ 3

 La notion de vérification catégorique

 

 

 

 

 

CHAPITRE X     LE SYSTEMATISME DE LA CROYANCE

 

 

Sections

Titre de la section

§1

Systématisation et systématisme  de la croyance

§2

Définition de la notion de croyance

§ 3

croyance / connaissance / certtitude

§ 4

La notion de conduite collective

§ 5

Les formes précaires

§ 6 Qu'est ce qu'une conduite collective consacrée ?

 

 

 

CHAPITRE XI     EMERGENCE DU RITUEL DES TROIS RELIGIONS DU LIVRE (les deux premières phases)

 

 

Sections

Titre de la section

§1

Rituels religieux monothéistes

§2

 l'émergence du rituel du judaïsme jusqu'à la naissance  du christianisme

§ 3

 l'émergence du rituel du christianisme  jusqu'à la naissance de l'islamisme

§ 4

Du développement parallèle du rituel du judaïsme

  

CHAPITRE XII     EMERGENCE DU RITUEL DES TROIS RELIGIONS DU LIVRE (La troisième phase : émergence du rituel de l'islamisme)

 

 

Sections

Titre de la section

§1

Généralités

§2

 Le rituel de l'organisation

§3

 La base du rituel de l'islamisme

§4

Capturé par MemoWeb à partir de http://pagesperso-orange.fr/paul.martin/democratie.htm  le 12/08/2008