DEMOCRATIE, mythe ou réalité scientifique ?

 

Pour tous ceux qui s'intéressent  à la science politique et qui veulent du même coup s'initier à la philosophie pour ne  plus être dupe des mots, comme le souhaitait Berkeley . De nouveau en ligne, création en cours.

 


 

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qui vous offre gratuitement une aide scolaire concernant l'épreuve du commentaire de texte littéraire au baccalauréat. Mon but est de vous éviter la paraphrase qui est responsable de la majeure partie des mauvaises  notes à l'examen.  Paraphrase vient du grec παρα = à côté et φραζειν= expliquer. C'est à l'origine une figure de style (comme la périphrase ou l'antiphrase) qui consiste à imiter une phrase sous une forme amplifiée n'ajoutant rien au sens. On paraphrase volontiers Corneille ou  Hugo voire La Fontaine comme en musique on fait des variations sur un thème d'un compositeur. En un sens dérivé, c'est  altérer le sens de la phrase  plutôt que l'expliquer, dans un commentaire de texte.

                       Il faut d'abord comprendre ce qu'est l'objet du commentaire : le texte. Si le terme de texte ne pose aucun problème dans son utilisation courante, il n'en est pas de même lorsque l'on quitte ce domaine pour celui de la scientificité qui exige l'univocité du terme par référence au sens étymologique (le seul vraiment éprouvé). Or, texte né XIIème siècle vient du latin tessere = tisser   (du part. pas. textus d'où est dérivé tissu), au sens figuré d'un tissu qui comporte une chaîne  et une trame. La chaîne étant le dispositif vertical sur lequel opère transversalement la trame  et comportant des anneaux où celle-ci puisse s'insérer. Dans une tapisserie, on doit en outre considérer une variété de chaînes et de trames colorées, entrelacées pour constituer des figurations appelées patterns. 

                          On  peut noter des divergences importantes avec ce sens étymologique si l'on envisage le texte comme concept en linguistique ou en sémiotique.  Les choses alors se compliquent singulièrement, comme le note Michel Arrivé. Il suffit pour s'en rendre compte de feuilleter Encyclopédia Universalis et de lire l'article intitulé La théorie du texte. La lexicographie va s'en ressentir. Le dictionnaire Larousse de linguistique  (J.Dubois) ne lui consacre que quelques lignes, en toute ignorance de l'étymologie :      I. On appelle texte l'ensemble des énoncés linguistiques soumis à l'analyse : le texte est donc un échantillon de comportement linguistique qui peut être écrit ou parlé. (Syn. : Corpus).             2. L. Hjelmslev prend le mot texte au sens le plus large et désigne par là un énoncé quel qu'il soit, parlé ou écrit, long ou bref, ancien ou nouveau. « Stop » est un texte aussi bien que le Roman de la Rose. Tout matériel linguistique étudié forme également un texte, qu'il relève d'une ou de plusieurs langues. Il constitue une classe analysable en genres, eux-mêmes divisibles en classes. et ainsi de suite jusqu'à épuisement des possibilités de division.

                     Il existe toutefois  certaines théories qui sans se préoccuper exactement de la notion de texte sont susceptibles de l'éclairer par rapport à son sens étymologique.

Tout d'abord celle de Burloud (in Psychologie des tendances) affirmant qu'à la base de tout acte, on trouve deux sortes de tendances : les tendances thématiques qui avec plusieurs modes de réalisation possible sont des abstraits réels qui  se situent hors du temps et inspirent l'acte et les tendances schématiques où le schème (du grec σκηµa proprement manière d'être) est "une forme articulée dans le temps qui s'inscrit progressivement dans une matière et qui en s'y inscrivant l'organise".

Ensuite celles de Husserl dans ses Recherches logiques. Celle de la division fondamentale (RL2 §17) : Nous nommerons fragment toute partie indépendante relativement à un tout G, moment (partie abstraite) de ce même tout G toute partie dépendante relativement à lui. Husserl (RL2 §21)  détermine exactement les concepts prégnants de tout et de parties au moyen du concept de fondation. Par tout nous entendons un ensemble de contenus qui admettent une fondation unitaire, et cela sans le secours d'autres contenus. L'expression d'unité de fondation veut dire que chacun des contenus est relié à chaque autre, soit directement , soit indirectement, en vertu d'une fondation. Il envisage aussi les types formels purs de touts et de parties (RL2 §24) : "les formes pures de touts et de parties se déterminent d'après la forme pure des lois. Quelle que soit l'espèce du tout , nous accédons à sa forme pure , à son type catégorial, en faisant abstraction de la particularité des espèces de contenus correspondants. Cette abstraction formalisante est quelque chose de tout autre que ce qu'on envisage habituellement sous le nom d'abstraction, de celle qui par exemple fait se détacher le rouge d'une donnée concrète. Selon Husserl, par ailleurs  ( RL 2 §25 p. 76),  "la fragmentation d'un moment dépendant conditionne une fragmentation du tout concret, les fragments qui s'excluent (sans entrer eux-mêmes les uns avec les autres selon un rapport de fondation), attirant des moments nouveaux par lesquels ils seront suppléés individuellement comme fragments du tout"

 Dans le chapitre II (R.L. 1), il traite enfin des disciplines théoriques en tant que fondement de disciplines normatives. Il commence par fixer une proposition qui est d'une importance décisive pour ses recherches ultérieures, "à savoir que toute discipline normative et pareillement toute discipline pratique repose sur une ou plusieurs disciplines théoriques, en tant que ses règles doivent posséder une teneur théorique indépendante de l'idée de la normativité (du devoir être), et dont l'étude scientifique incombe précisément à ces disciplines théoriques."

Si on considère le concept de science normative dans son rapport avec celui de science théorique, les lois de la première de ces sciences, dit-on habituellement, énoncent ce qui doit être, bien que peut-être cela ne soit pas et ne puisse pas être dans les circonstances données ; les lois de la seconde, par contre, énoncent purement et simplement ce qui est. Quand nous disons : "un guerrier doit être brave, cela ne veut pas dire que nous ou qui que ce soit, le désirons ou le voulons, ordonnons, exigeons. L'on pourrait plutôt comprendre cette expression en ce sens qu'en général un désir ou une exigence soit justifiée. Un guerrier doit être brave signifie bien plutôt : "il n'y a qu'un guerrier brave qui soit un bon guerrier et inversement un guerrier qui n'est pas brave est un mauvais guerrier."

En ce qui concerne enfin le concept du "jugement normatif', nous pouvons, d'après nos analyses, le décrire comme suit : En référence à une évaluation générale fondamentale, et au contenu ainsi déterminé du couple de prédicats de valeur qui s'y rapporte, est dite normative toute proposition qui énonce des conditions quelconques nécessaires ou suffisantes, ou nécessaires et suffisantes, pour la possession d'un tel prédicat.

Une fois qu'en portant une estimation, nous avons établi une différence entre « bon » et mauvais » en un sens bien déterminé, donc aussi dans une sphère déterminée, alors nous sommes naturellement intéressés à décider dans quelles circonstances, en vertu de quelles propriétés internes ou externes l'être-bon (dat Gut-Sein) ou encore l'être-mauvais (das SchlechtSein), en ce sens défini, est authentique ou non, quelles propriétés ne doivent pas faire défaut pour qu'il soit encore possible d'accorder à un objet de cette sphère la valeur du bon etc

En foi de quoi un texte, considéré comme un tout, au sens figuré d'un tissu conformément à son sens étymologique, désignera "l'abstraction formalisante" d'une discipline "textologique" qui comportera :

            En tant que discipline théorique, ce qui fait qu'un acte textuel  est considéré comme bon, mauvais, meilleur ou pire.

En tant que discipline normative,

--une thématique de la fragmentation de ses moments (contraction de movimentum=mouvement), indépendante de ceux-ci et hors du temps. Cette thématique  est constituée par un thème (proprement ce qui est posé) correspondant à la chaîne du tissu et une thèse (proprement ce qu'on pose) correspondant à la trame conduit inspire l'acte textuel.

-- sur laquelle s'articule une schématique de la figuration du moment (proprement contraction de mouvement) qui s'inscrit dans une matière et qui en s'inscrivant l'organise, en s'articulant dans le temps. Une telle schématique(du grec σχημα = manière d'être) figurant les différents mouvements de l'esprit par lesquels  la pensée peut aboutir à une conclusion mais par contre elle reste dépendante du texte dont le moment a été abstrait.

La norme fondamentale détermine la proposition normative qui prescrit l'exigence générale à laquelle la schématique doit satisfaire. Elle suppose une  "technologie" dans laquelle la norme fondamentale  consiste à atteindre un but pratique général.

En tant que discipline pratique elle comportera la mise en œuvre de l'articulation de la schématique sur la thématique avec une dialectique orientée selon une certaine éthique et esthétique  et comportant une unité de fondation. Il faut entendre par fondation unitaire une unité de contenu qui n'a rien à voir avec l'unité d'intention qui désigne un ensemble : selon Husserl l'unité de fondation nous apparaît comme une forme matérielle et non pas comme une forme catégoriale

 Un texte sera dit littéraire (de litterarius relatif à la lecture et à l'écriture) lorsque la  discipline théorique assure la littérarité  de l'art. Le terme de  Littérarité étant très mal défini dans le TLF d'une manière purement tautologique : subst. fém., crit. littér. Théorie sémiotique de la littérature qui doit permettre de caractériser tout texte littéraire par rapport à ceux qui ne le sont pas (d'apr. Rey Sémiot. 1979). La littérarité serait à la littérature ce que la langue est à la parole chez Saussure, c'est-à-dire ce que toutes les œuvres de la littérature ont en commun, dans l'abstrait, comme système (Mounin 1974). 1re attest. 1965 (T. Todorov, Théorie de la litt., éd. du Seuil, p. 37 : R. Jakobson donna à cette idée sa formule "définitive" : « L'objet de la science littéraire n'est pas la littérature, mais la « littérarité » (literaturnost), c'est-à-dire ce qui fait d'une œuvre donnée une œuvre littéraire »); dér. sav. de littéraire* à l'aide du suff. -ité* d'apr. le terme russe literaturnost proposé par R. Jakobson dans La Poésie mod. russe, esquisse 1, Prague, 1921, p. 11 (supra). Une telle science de l'art littéraire n'ayant aucune existence sans une scientificité suppose que le texte prenne une certaine distance vis-à-vis de toute polémique. On se souvient par ailleurs que Sartre affirme dans L'Etre et le Néant que "le problème des relations avec autrui se pose toujours en termes de conflit". On précisera enfin, que toute polémique suppose le triomphe d'une valeur qui est proprement "ce qui fait qu'on se porte bien". Le genre littéraire doit  donc échapper  à toute polémique (proprement relatif à la guerre) même si dans une fiction il s'en inspire. On refusera donc toute littérarité au  texte biblique par exemple qui loin de prendre ses distances  est le produit d'un engagement religieux ou bien encore aux orateurs de la période révolutionnaire très engagés idéologiquement et à une biographie trop soumise à la subjectivité. le genre littéraire obéira à la norme fondamentale de la vraisemblance

La discipline normative consistera dans l'articulation  de la schématique du moment du texte sur la thématique de la fragmentation du moment qui l'inspire selon le type d'une fondation unitaire d'un genre déterminé .On distinguera ainsi les genres narratif /représentatif (avec  les deux registres comique et tragique) / didactique/ poétique. La fondation peut être médiate ou immédiate selon qu'elle a besoin ou non d'intermédiaires structurels. Elle peut être réfléchie unilatérale ou réciproque selon le mode d'intersubjectivité qu'elle suppose. 

C'est ce qu'on peut figurer par le diagramme suivant où l'on pourra distinguer la schématique du moment dépendant du texte dont elle est abstraite et la thématique indépendante du texte sur laquelle celle-ci s'articule et les patterns. 

 

La scientificité de l'art du commentaire de texte  comportera en définitive la discipline pratique. D'abord une mise en place du texte par rapport à la fondation unitaire du genre littéraire d'intersubjectivité qui détermine l'articulation de la schématique du moment du texte avec la thématique de la fragmentation du moment correspondant.  Ensuite l'analyse de la dialectique et l'examen de l'expression du sens  et de sa connotation qui lui est liée orientée par une certaine esthétique et éthique constitutives  du moment  (contraction du latin movimentum = mouvement). On pourra ainsi examiner si l'auteur a bien su traduire les intentions expressives constitutives de la schématique du moment correspondante qui est inscrite dans la thématique de sa fragmentation afin d'apprécier finalement la qualité de l'art littéraire du texte et sa modernité .  Et c'est à la lumière d'un historique de la littérature que le commentaire prendra toute sa signification. On sait qu'expression c'est proprement pousser dehors en pressant au sens figuré et que dialectique c'est proprement choisir à travers. Le contenu du moment n'existe que concrètement. Le commentaire de texte constitue la science critique de l'art littéraire sans laquelle il ne pourrait  y avoir d'histoire de la littérature et non  plus d'application à la création d'œuvre littéraire qui en constitue l'interface.

 On ne manquera pas d'examiner la contre partie de la scientificité de  l'art de la création littéraire, son interface, chaque fois qu'un commentaire nous en fournira l'occasion,  pour nous donner une idée de ce que peut être le travail de l'auteur dans son atelier. Car si la thématique de la fragmentation du texte en moments se situe hors du temps, il n'en est pas de même pour la schématique du moment qui s'articule dans le temps en s'inscrivant dans une matière qu'elle organise grâce à la fondation unitaire de la  littérarité. Or, cette matière n'est pas donnée, elle est acquise. D'où la nécessité pour l'auteur de se documenter sur l'époque qu'il choisit, sur le caractère des personnages qu'il met en scène et sur le cadre social de leurs relations généalogiques ; et pour le commentaire  de retrouver les sources d'où il est parti, susceptibles de l'éclairer. S'articulant dans le temps, la figuration  comportera une documentation préalable avec une analyse diachronique du thème (proprement ce qui est posé) constitutive de la chaîne et une analyse synchronique de la thèse (proprement action de poser, d'arranger) constitutive de la trame.

Si tout cela vous paraît ardu, ne vous inquiétez pas : tout finira par s'éclaircir si vous étudiez les types de commentaire que je vous propose. N'est-ce pas en forgeant qu'on devient forgeron ? La meilleure manière de vérifier si un commentaire est réussi, est après coup de lire le texte, ou mieux, de le répéter de mémoire comme un acteur, en tenant compte de l'instruction du commentaire qui aide à trouver le ton juste qui risque de plaire au lecteur et le toucher. C'est ce qu'on appelle une leçon de texte.

En conséquence, la science du commentaire ( = proprement réfléchir avec)  établira une correspondance entre les différents genres littéraires ainsi définis comme genres d'intersubjectivité entre l'auteur et le lecteur, et les textes à commenter considérés comme types (proprement figures moulées), sous forme de tableau constituant un organigramme textologique. Ceci nous permettra d'installer autant de liens hypertexte qu'il y aura de textes à commenter. Il suffira de cliquer dessus pour atteindre le commentaire correspondant. On installera un retour au sommaire afin de pouvoir revenir à la page d'accueil pour continuer l'étude des autres commentaires. A l'occasion de chaque  type  on vous  donnera la clé méthodologique du genre textologique du commentaire.

 

LES GENRES LITTERAIRES

TYPES CORRESPONDANTS

NARRATIF Le genre de l'apologue le meunier son fils et l'âne de La Fontaine 
le cochet  le chat et le souriceau de La Fontaine
conte philosophique la danse extrait d'un conte de Voltaire Zadig
 Le genre du portrait acis des portraits de La Bruyère
Le genre des Mémoires mes joies  des Mémoires de Chateaubriand 
Le genre épistolaire  le mariage de Lauzun de Mme de Sèvigné 
moeurs des Lettres Persanes de Montesquieu
Le genre de la nouvelle  une bonne affaire  des Contes de Maupassant
Le genre romanesque la cousine bette  du roman de Balzac 
 
 
 

REPRESENTATIF

 CLASSIQUE

 

Tragique

  

polyeucte de Corneille
iphigénie de Racine
Comique sganarelle de Molière
Le  misanthrope de Molière
POST CLASSIQUE    
ROMANTIQUE    
 
MODERNE  
 
DIDACTIQUE  Essais   extrait des Essais de Montaigne
pamphlet  l'Esprit des lois de Montesquieu (extrait)
Art poétique  
maximes
POETIQUE satirique marcher d'un grave pas de J.du Bellay
méditatif    stella de V.Hugo et autres
Lyrique   heureux qui comme ulysse de J.du Bellay et autre 
Epique   mariage de roland de V.Hugo et autre
 

 

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